Situation géographique et administratif de Bamendou.

Le Groupement Bamendou se situe dans la région de l'Ouest, département de la Menoua, arrondissement de Penka-michel.

Il est le plus grand en termes de population et en superficie des quatre groupements (Balessing, Baloum, Bansoa, Bamendou) de cet arrondissement. Il est limité au Nord par les Groupements Balessing et Baleveng, à l'Est par les groupements Bansoa et Baloum, à l’Ouest par le groupement Bafou et au Sud par les Groupements Fotemena, Fokoué et Fomopéa. Bamendou compte environ 40.000 habitants sur place et une diaspora d’au moins de même importance résidant essentiellement dans les autres villes camerounaises. Mai de plus en plus de Bamendou s’installent à l’étranger pour des raisons diverses : d’études, économiques, de regroupement familial, d’exil. Les membres de l’ABE font partie de ces Bamendou s’étant installés, en Europe.

Culture africaine du visible à l'invisible, Dr Martin DONLEFACK.

Origine du village Bamendou.

Avant la naissance de la chefferies supérieur Bamendou, le territoire était occupé par des peuples qui avaient réussi à se fédérer pour former de petites traditionnelles.

Ce sont les chefferies Dedeng,Balefock,Batoula-Folemo, Messing, Tchueffi et Mentsa. On n' y retrouvait également une multitude de groupes humains indépendants qui n'avaient pas encore réussi à se constituer en unités traditionnelles comme les autres. Il s'agit des groupes dispersés au sud de Fielah ou King place, capitale de la chefferie, jusqu'aux frontières des chefferies Balefock, Batoula et Missing, un peu plus au Sud. Il s'agit par exemple des Mbouo, Mekia, Melah, Tsang, Metchou... La chefferie Dedeng est la souche-mère de Bamendou puisque c'est grâce à son chef que Kepantan, fondateur de la chefferie supérieure Bamendou quittera Bangwa avec sa mère. Cette dynastie qui compte aujourd'hui 17 monarques constitue avec la chefferie Balefock les deux chefferies les plus anciennes de l'ensemble humain appelé Bamendou.

Le nom Bamendou vient du mot "doub" qui signifie insensé. En lui associant le préfixe "men" qui correspond à l'article défini<<les>> pour obtenir "mendoub" ,on a la traduction littérale <<les personnes intéressées>>. Cet ethnonyme caractérise l'intrigue qui fut à l'origine de la fondation et de l'expansion de la Chefferie Bamendou. En effet, elle fut fondée par fondée par Kepantan, prince de la sous-chefferie Andou de Bangwa dans le bassin de Fontem. Tout commence par une invitation aux funérailles que le chef Dedeng reçoit du chef Andou, son homologue et frère (le chef Dedeng est originaire de Fontem). Après les festivités, le chef Dedeng retourne dans sa chefferie en emmenant avec lui l'une des épouses du chef Andou et ses deux garçons (Kepantan et Kembieh Ndoh). Avant de partir de Fontem, la maman des deux fils déroba le "kuifoo" de son mari qu'elle remit plus tard à son fils Kepantan après de loyaux services de ce dernier. Dès leur arrivée à Dedeng, Fo La'a Dedeng attribua à chacun des deux garçons une portion de terre de son territoire. Kembieh Ndoh s'installa à Zinto et Kepantan à Anock (Donlefack: 2019:10).

Plus rusé, Kepantan utilisa le "kuifoo" que lui avait remis sa maman pour fonder une chefferie solide qui a soumis et incorporé par la suite la chefferie de son tuteur le Fo La'a Dedeng et les autres entités voisines. L'appellation "Mendoub" provient donc du regard qu'on porté les chefs conquis sur le chef Kepantan après qu'il a combattu et annexé Dedeng, son propre tuteur. Pour ces derniers, un tel acte ne pouvait être porté que par des personnes insensées, sans scrupule et sans morale comme Kepantan et sa suite.

La ruse proprement dite a consisté à gagner tout d'abord la confiance du chef Dedeng à travers des semblants d'actes d'allégeance et de soumission. Par la suite, Kepantan, le roi ambitieux, s'est lié d'amitié avec des migrants et des exilés, constituant ainsi une base d'hommes de confiance qui ont peu à peu peuplé son territoire (Donlefack 2019: 10). Il a consolidé ses amitiés avec le "ngím nu", une danse qu'il exécutait avec un xylophone, et le "kuifoo" que lui que lui avait remis sa mère.Comme le dit ce proverbe bamendou, «il n'y a pas de chef sans peuple et sans territoire ». Kepantan l'a compris très tôt et le ngím nu fut donc une stratégie pour se constituer un peuple afin de fonder sa propre chefferie.

La sculpture africaine du visible à l'invisible, Martin DONLEFACK.

Dynastie des chefs Bamendou

Bamendou depuis son existence a connu successivement 10 Chefs.

1er Fo'o Kepantan

2ème Fo'o Pepan (Dongmo I)

3ème Fo'o Tekacta

4ème Fo'o Ngoumtsa

5ème Fo'o Tejiokik

6ème Fo'o Yemele I

7ème Fo'o Feudjio

8ème Fo'o Yemele II entre 1915 et 1955

9ème Fo'o Dongmo Victor entre 1955 et 1975

10ème Fo'o Tsidie Gabriel de 1975 jusqu'à nos jours.

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